Le décor est celui des Ardennes, pays où s'installa en 1888 Jean-Baptiste Clément, qui, tout en menant sa tâche d'organisateur du mouvement socialiste dans la région, donna aussi leur impulsion aux coopératives de consommation.

Jean est un merle moqueur du "Temps des cerises", qui voue la fin de sa vie à une de ces coopératives.

Nous sommes en 1970-72, époque où s'amorce le déclin du petit commerce au bénéfice de la grande distribution.

Tout doucement, les changements induits par la pénétration de l'hypermarché et de la télévision dans ce bout du monde à la fois campagnard et ouvrier annoncent la métamorphose totale de notre monde, et les menues péripéties qui nous font vivre la défense de la coopérative à laquelle Jean est lié sont une représentation en microcosme de l'effondrement de la société auquel nous avons assisté il y a presque vingt ans.

L'expérience des camps nazis, dont il est réchappé, après son engagement dans la Résistance, avait fait comprendre à Jean que la solidarité était indispensable à la survie de l'humanité, et la mort de la coopérative en est pour lui la fin, tristement annonciatrice de celle du socialisme, auquel il aspire.

Ces hommes et ces femmes aux vies austères, campés dans un tableau précis, fournissent la matière d’une peinture allégorique et les évènements imaginés dont ils sont responsables prennent tout leur intérêt quand on les rapporte à ceux qui ont bouleversé, il y a peu, notre Histoire.

©2008 Ecriretvoir - Jean des Ardennnes.